Par John McEvoy, P.Eng.

En tant que Canadiens, nous sommes habitués de faire face au froid pendant plusieurs mois durant une année et nous ne sommes pas étrangers à la conduite dans des conditions hivernales. Cela signifie également que la plupart des gens comprennent et prennent en compte les dangers potentiels associés à la conduite par un temps froid. Cela dit, affronter les mêmes hivers chaque année signifie également que nous pouvons devenir moins vigilants. Faire le changement de vos pneus au moment opportun, vérifier que votre chauffe-moteur fonctionne toujours et vous assurer que votre batterie est complètement chargée ne sont que quelques moyens pour vous préparer aux conditions difficiles.

Pendant les hivers plus doux, alors que les températures fluctuent autour de 0 °C, la chaussée connaîtra des cycles de gel/dégel. Cela occasionnera la présence d’eau, qui peut se transformer rapidement en couche de glace, provoquant des conditions glissantes sur les routes. Particulièrement dans les zones résidentielles, où les routes ne sont pas aussi bien entretenues (épandage de sable ou de sel) que les grandes artères. Ces conditions routières peuvent surprendre les conducteurs, ce qui rend l’arrêt du véhicule plus difficile, augmentant ainsi les risques de collisions.

Lorsque nous avons des conditions plus froides, les dangers sont similaires, mais les signes peuvent ne pas être aussi évidents. Sur la route, la neige se compacte pour former une couche épaisse rendant une surface glissante. Et la situation s’aggrave au fur et à mesure que les automobilistes transitent. Alors que les conducteurs font tourner leurs roues en essayant d’obtenir de la traction aux intersections, la friction des pneus qui patinent fait fondre la couche supérieure de neige, qui gèle peu de temps après, créant une nouvelle couche supérieure de glace. Ensuite, les prochains conducteurs qui s’approchent ont une nouvelle couche de glace sur laquelle ils doivent s’arrêter, et lorsqu’ils quittent l’intersection, le cycle se répète, laissant les véhicules suivants vulnérables aux impacts à basse vitesse.

Le froid ne causera pas seulement des routes glissantes : même l’extérieur de votre véhicule est sensible aux rudes hivers canadiens. Les accessoires extérieurs en plastique tels que les ailerons inférieurs de pare-chocs avant, les protections de pare-chocs, les rétroviseurs latéraux et les garnitures en plastique deviennent plus fragiles et se cassent facilement. Les protections de pare-chocs en plastique, qui fléchiraient et glisseraient puis reprendraient lors d’un impact à basse vitesse à une température normale, peuvent plutôt, par temps très froid, se fissurer et se briser, ce qui nécessite leur réparation ou leur remplacement et augmente le coût total des réparations. Cela peut également donner aux collisions mineures l’apparence d’être plus graves qu’elles ne le sont en réalité. Sur la base des dommages observés, un spécialiste de la reconstruction de collision peut commenter la gravité de l’incident et nous pouvons effectuer des évaluations biomécaniques pour déterminer le potentiel de dommage.

D’autres conditions météorologiques peuvent constituer un facteur contributif important dans une collision. Un conducteur peut tout faire correctement et se faire prendre par une rafale de vent qui surmonte la traction des pneus et pousse son véhicule dans le fossé, voire dans la voie en sens inverse.

Les membres de l’équipe de reconstruction de collision de CEP Forensique ne sont pas étrangers à ces types de collisions à basse vitesse et peuvent aider à déterminer ce qui a joué un rôle important. En effectuant des examens de site et en étudiant les dommages causés aux véhicules, ainsi que des recherches météorologiques historiques et des données numériques provenant de l’enregistreur de données d’événements d’un véhicule, nous pouvons vous aider à vous faire une idée sur ce qui s’est passé dans les moments qui ont précédé un accident.

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