Par Carla Ladner, P.Eng.

Les précipitations de neiges et les températures sous le point de congélation pendant les mois d’hiver au Canada peuvent entraîner une abondance de réclamations. Plus précisément, lors les conditions favorables, la formation de barrages de glace peut être une préoccupation commune qui entraîne infiltration d’eau et dommage structural.

Un barrage de glace est une accumulation de glace qui se forme au débord d’un toit et empêche l’eau de la fonte de la neige de s’écouler du toit. Ces barrages de glace se produisent lorsque la neige sur un toit fond et coule sur la surface du toit jusqu’à ce qu’elle atteigne une surface froide, généralement le débord de toit ou une gouttière en métal. La neige fondue gèle de nouveau au contact de la surface froide et bloque tout drainage futur. Il en résulte une accumulation supplémentaire de neige fondue sur le toit, qui gèlera, provoquant un barrage de glace plus important, ou bien la neige fondue se faufilerait derrière les bardeaux, permettant ainsi à l’humidité d’entrer. Ce processus peut se reproduire tout au long de l’hiver et entraîner l’accumulation d’une quantité importante de glace sur un toit. Les fluctuations rapides de la température (évènements répétés de gel et réchauffement) peuvent aggraver le processus de formation de barrières de glace.

Si elles ne sont ni surveillées ni prises en charge, les barrages de glace peuvent causer des dommages importants à un bâtiment résidentiel. Ces dommages incluent une humidité accrue et, éventuellement, la décomposition du platelage de toit en contreplaqué ou en panneaux de particules orientées (OSB), la pénétration d’humidité dans le comble affectant ainsi l’isolation, et des dégâts d’eau au plafond et aux murs. Au fil du temps, en cas de blocages répétés de la glace et d’infiltration d’humidité, la structure du toit peut être endommagée, notamment par détérioration et une diminution de la résistance des attaches. Dans des circonstances extrêmes, une défaillance du toit peut survenir à la suite d’une surcharge de glace et/ou de la détérioration d’une structure liée à l’eau.

Pour éviter les accumulations de glace, il est impératif que le comble soit bien scellé avec un pare-vapeur et une isolation appropriée pour empêcher l’air chaud et humide de l’espace de vie intérieur de pénétrer dans le comble. Il est essentiel de prévoir et d’entretenir une ventilation adéquate du comble afin de pouvoir maintenir cet espace à une température froide, afin que la surface dudit toit reste également froide. En effet, une surface de toit froide empêchera la fonte de la neige par temps froid (qui mène à des barrages de glace) et assurera que la neige ne fondra que lorsqu’elle sera drainée de manière adéquate vers les gouttières et éloignée du toit. Une ventilation adéquate du toit est généralement obtenue en combinant une ventilation par soffite au bas de la toiture avec des orifices de ventilation dans le haut de la toiture tel que des évents de toit ou d’autres orifices de ventilation le long du faîte du toit ou aux pignons.

Des modifications apportées récemment au code du bâtiment dans certaine province interdisent l’utilisation d’évents de soffite le long des gouttières faisant face aux habitations voisines lorsque les habitations sont construites rapprochées. Ces changements ont été institués pour réduire la propagation du feu ; cependant, cela signifie qu’une ventilation supplémentaire peut être nécessaire, au niveau du pignon et/ou du faîte. Cela a entraîné des difficultés pour ventiler correctement les combles résidentiels, car certains entrepreneurs ont eu du mal à comprendre les nouvelles exigences en matière de ventilation.

Les problématiques importantes de ventilation et d’isolation se posent généralement dans les toits plats ou les plafonds voûtés (plafond cathédral). Une isolation rigide ou une augmentation de la profondeur de l’espace au-dessus de l’isolant est souvent nécessaire pour empêcher les barrages de glace. Il est nécessaire de porter une attention particulière aux détails lors de l’installation de ces plafonds et un entrepreneur expérimenté dans l’isolation et/ou la ventilation de ces types d’espaces est nécessaire.

En plus des problématiques d’isolation et de ventilation, tout apport de chaleur dans le comble doit être évité. Les brèches dans l’isolation et le pare-air causées par les ouvertures des murs dans le comble, les pénétrations mécaniques ou les conduits mécaniques non isolés peuvent également créer un comble chaud qui chaufferait la surface du toit.

Une idée fausse, mais commune, sur les barrages de glace est que cela affecte directement les bardeaux. Bien qu’il soit possible que la glace se fraye un chemin sous les bardeaux et puisse causer des infiltrations d’eau ou dommages mineurs aux abords des gouttières, les barrages de glace ne causent généralement pas de dommages importants à l’ensemble des bardeaux du toit. Le plus souvent, la chaleur dégagée dans les combles peut entraîner une détérioration prématurée des bardeaux ou d’autres matériaux de toiture. Les bardeaux sont endommagés par l’usure normale ou par les tentatives de déneigement du toit.

Bien que l’enlèvement de la neige d’un toit puisse aider à empêcher la formation de glace, il faut faire très attention lors de l’accès à un toit en hiver et il est souvent préférable de laisser le déneigement à un professionnel. De plus, des techniques de déneigement inadéquates pourraient endommager les matériaux de couverture (bardeaux). L’enlèvement de la glace gelée à la surface d’un toit endommagera presque certainement les bardeaux et n’est pas recommandé.

Les experts de CEP peuvent vous aider à déterminer les causes spécifiques de la formation de barrières de glace et à recommander des réparations pour les dommages associés.

Si vous avez des questions ou souhaitez en savoir plus sur ce sujet, veuillez communiquer avec notre équipe en génie civil et structure au 877 686-0240 ou info@cep-experts.ca

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