Les bâtiments qui ont été inondés présentent divers risques…

Quelles sont les premières étapes à suivre pour assurer une réintégration en toute sécurité à la suite d’une inondation ?
Lors d’une inondation causée par la crue des eaux, la première préoccupation est toujours l’évacuation des personnes en danger immédiat. Mais, une fois que la menace immédiate pour la sécurité est passée, les assureurs commencent à évaluer les dégâts. Dans les situations de pertes catastrophiques, la quantité écrasante de dommages peut être intimidante. Alors, par où commencer ?

D’abord, il est recommandé que personne ne pénètre seul dans un sous-sol ou un vide sanitaire inondé. Il peut y avoir des dangers inconnus (débris inattendus, couvercles de pompe de puisard déplacés, etc.) et une assistance peut être nécessaire. Pour assurer la sécurité des personnes qui entrent, les mesures recommandées sont les suivantes :

1. Inspectez la structure pour des signes de dommages
Avant d’entrer, examinez le bâtiment de l’extérieur en vérifiant attentivement les signes d’érosion importante du sol, la présence de fissures dans la fondation et les murs extérieurs, ou le déplacement de la charpente par rapport à la fondation, par exemple. Si aucun dommage important n’est évident de l’extérieur, une fois à l’intérieur, inspectez à nouveau pour voir s’il y a fissures importantes (des fissures mineures ou capillaires sont typiques après une inondation) et d’autres signes de mouvement structurel. L’expertise d’un ingénieur en structure peut être nécessaire si l’un des éléments ci-dessus est noté ou si le propriétaire ou l’entrepreneur sont incertains de la présence ou non de dommages.

2. L’eau et l’électricité ne font pas bon ménage !
Assurer la sécurité lors d’un accès à une propriété endommagée par une inondation inclut aussi de vérifier si des lignes électriques sont tombées. Le cas échéant, appelez immédiatement le fournisseur d’électricité en cas de problème. Les composants électriques submergés ou endommagés par l’eau peuvent présenter un risque d’électrocution ou d’incendie. Consultez un entrepreneur qualifié si vous avez des inquiétudes avant d’entrer dans le bâtiment. S’assurer que le système électrique est correctement inspecté, nettoyé et/ou remplacé après une inondation est crucial pour la sécurité de tous les occupants. L’infiltration d’eau dans des appareils électriques, comme des électroménagers, des prises ou des panneaux électriques entraînent fréquemment de la corrosion des composantes et des dommages. Même après avoir été complètement séchés, les dépôts de minéraux laissés sur les cartes de circuits électriques peuvent provoquer un arc électrique ou un court-circuit entraînant des défaillances de contrôle. Également, la corrosion des contacts électriques peut entraîner une résistance accrue, une surchauffe et un risque d’incendie.

3. Appareils au gaz naturel
Après une inondation, les appareils au gaz naturel ne doivent jamais être redémarrés tant qu’ils n’ont pas été vérifiés. L’une des premières choses que les occupants voudront faire en rentrant chez eux, par un temps froid, est de restaurer la chaleur. Toutefois, la norme CSA B149.1 « Code d’installation du gaz naturel et du propane » est très précise lorsqu’il s’agit d’équipement endommagé par une inondation : l’appareil au gaz naturel ne doit pas être redémarré tant qu’il n’a pas été minutieusement inspecté par une personne agréée par l’autorité compétente (généralement la municipalité ou la province, selon la localisation du bâtiment). Les dommages causés par les inondations peuvent affecter de nombreuses parties d’un appareil au gaz naturel, y compris les commandes électriques, les thermostats et les interrupteurs de limite supérieure, les moteurs, les brûleurs et la tuyauterie. Le démarrage de ces appareils sans les avoir correctement vérifiés peut entraîner des incendies, des explosions ou une défaillance de l’équipement.

4. Facteurs environnementaux
Les inondations peuvent mener à la présence de plusieurs contaminants dans le bâtiment. En effet, les eaux de crue peuvent transporter des contaminants dans le bâtiment. Ceux-ci peuvent aussi s’infiltrer lors de refoulements d’égouts causés par l’inondation. Il est donc important de tenir compte de plusieurs facteurs environnementaux à la suite d’un tel sinistre.
De plus, les composants de construction qui demeurent humides peuvent créer un environnement idéal pour la croissance de moisissures. Il est donc impératif que l’enlèvement des finitions et de l’isolation soit effectué de façon appropriée lors de la restauration de tout bâtiment affecté par les inondations. Selon la gravité de l’inondation et les particularités du cas en question (y compris la durée pendant laquelle les eaux de crue sont restées dans la maison, etc.), des tests environnementaux peuvent être nécessaires pour assurer une occupation sécuritaire.

5. Problèmes à long terme
Une fois que les eaux de crue se sont retirées, les effets à long terme sur les éléments structuraux doivent être évalués. Au fur et à mesure que les eaux se retirent, l’état de ces éléments peut changer en raison de la présence de pourriture et de corrosion. Il peut parfois s’écouler un certain temps, après l’inondation, avant de constater tous les effets du sinistre. Par exemple, tout au long de l’hiver, la probabilité de soulèvement par le gel des sols saturés est augmentée (selon les conditions géotechniques et météorologiques). Si l’humidité est emprisonnée dans le sol jusqu’au dégel printanier, un mouvement supplémentaire de la fondation peut se produire. Pour éviter des dommages à long terme à la fondation et des infiltrations d’eau futures, le système de drainage périmétrique de fondation (drain français) doit être examiné ou testé, une fois que les eaux se sont retirées, pour prévenir les blocages. Enfin, si les matériaux de construction ne sont pas correctement séchés, la pourriture du bois peut se produire si l’eau est emprisonnée derrière les finitions du bâtiment et dans l’isolation.

En plus des considérations ci-dessus, et en fonction des circonstances spécifiques au site, d’autres mesures temporaires comme un soutien temporaire, des réparations (des composants structurels, électriques ou mécaniques) et/ou des tests peuvent être nécessaires. Les exigences et les réparations spécifiques pour permettre à un bâtiment d’être réoccupé doivent être déterminées au cas par cas, car il n’existe pas d’approche standard qui fonctionnera pour chaque bâtiment. Si vous vous demandez quelles pourraient être les prochaines étapes, ou si vous avez besoin d’aide sur un dossier spécifique, contactez notre équipe CAT.

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