Des avis de recherches pour toilette aux dossiers de fraude pour le moins évidents
Découvrez cette deuxième partie de notre série de dossiers les plus mémorables

Les experts de CEP Forensique investiguent un grand nombre de sinistres chaque année. Si beaucoup de dossiers sont simples à régler, plusieurs sortent tant de l’ordinaire que les ingénieurs s’en souviennent des années plus tard. Pour la deuxième édition de cette série d’infolettres qui relatera ces histoires loufoques, inhabituelles et marquantes, nous avons rencontré trois ingénieurs spécialisés en matériaux, soit Nicolas Geoffroy, Verônica Buss Almeida et Benjamin Boyer, tous trois du bureau de Montréal. Les histoires sont vagues et en ordre aléatoire pour éviter tout détail compromettant.

Ingénieur cherche toilette usagée

Si deux qualités s’appliquent aux ingénieurs, il s’agit d’ingénuité et persévérance. Notre expert en a certainement fait preuve dans un ancien dossier traitant de… toilettes. À l’époque, de nombreux réservoirs de toilette ont fissuré, inondant autant de domiciles à travers le Québec. Voulant comprendre le phénomène, notre collègue a donc transformé ces sinistres répétés en projet de recherche. Pour ce faire, il se devait d’obtenir un grand échantillon à observer. Petites annonces, bouche-à-oreille, LesPAC, Kijiji : toutes les méthodes étaient bonnes pour accumuler des toilettes usagées. Si certaines personnes étaient méfiantes face à la demande inusitée, plusieurs inconnus, employés ainsi que leurs conjoints ont contribué à amasser une quantité remarquable de toilettes, qui ont été placées dans un entrepôt externe. Un autre défi s’imposait : « vieillir » les toilettes, c’est-à-dire reproduire une utilisation prolongée beaucoup plus rapidement. Pour ce faire, notre expert, avec l’aide d’un collège, a endommagé le réservoir avec des impacts contrôlés et bâti des automates permettant de tirer la chasse d’eau de manière automatique, simulant 5 ans d’usage en quelques jours. Ses efforts n’ont pas été en vain : les conclusions de ses recherches aiguillent toujours nos investigations sur les réservoirs de toilette défectueux.

Pause COVID coûteuse

Ce dossier met en évidence des impacts moins connus de la pandémie de COVID-19. Notre expert a en effet investigué la tuyauterie fissurée d’un bâtiment industriel. Puisqu’il s’agissait d’un centre de traitement qui nécessitait le déplacement de grandes quantités de matières liquides, la tuyauterie était d’une importance capitale. Des travaux ont d’ailleurs été entamés peu avant le début de la pandémie impliquant l’installation d’un système de tuyaux neufs. Une fois en place, les tuyaux ont été testés, avec succès, en utilisant de l’eau qui a ensuite été vidée. C’est alors que le gouvernement a déclaré l’urgence sanitaire et fait cesser les activités industrielles pendant près de cinq mois. De retour au travail, les employés ont alors découvert des taches noires et des fissures sur l’ensemble de la tuyauterie. Après notre investigation, le diagnostic est tombé : l’eau utilisée pour le test n’était pas filtrée. Elle contenait donc des bactéries capables de ronger l’acier. Se multipliant dans l’eau stagnante pendant des mois, ces micro-organismes ont fait des ravages sur la tuyauterie, qui a dû être complètement remplacée. Dans ce cas-ci, le séchage des tuyaux aurait permis d’éviter le pire.

Bris excessif, bris suspect

Les dossiers de fraude sont parfois difficiles à identifier. Dans un cas particulier, l’assuré n’y est pas allé de main morte pour simuler un bris de tuyaux dans une résidence, ce qui a éveillé les soupçons de notre expert. En effet, il s’agissait d’une vieille maison aux murs pourris, qui a probablement subi un dégât d’eau non réparé. Les résidents, à la recherche de compensations par la compagnie d’assurance, ont causé une fuite plus récente en endommageant pas un, pas deux, mais bien trois composants du système de plomberie. Dans un premier lieu, ils ont sectionné les conduites d’alimentation en eau de la salle de bain. Ensuite, ils ont brisé le drain d’évier de la cuisine, avant d’essayer de faire fondre le tuyau de cet évier avec l’acétone présente dans du vernis à ongles, dans une tentative qui semble tout droit sortie d’une émission criminelle américaine. Rien n’a échappé à l’analyse de notre collègue, qui a repéré les traces d’outils sur les conduites d’alimentation en eau ainsi que la présence d’acétone. Inutile de dire que la réclamation a été refusée.

Comme les exemples précédents le témoignent, les ingénieurs en matériaux de CEP Forensique ont la tâche difficile de démêler le vrai du faux pour déterminer la cause de sinistres autant dans des usines que dans des maisons. Les investigations marquantes sont rares, mais permettent de faire avancer les connaissances de tous. Rendez-vous en automne pour une prochaine édition de cette infolettre où d’autres ingénieurs partageront leurs dossiers mémorables.

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